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Lettre ouverte aux administrations municipales et régionales :


"S'il s'agit d'une tentative d'expiation de l'histoire allemande, elle a pour effet de risquer de la répéter. "


Artistes, écrivains et chercheurs juifs en Allemagne.



La sévérité de la répression des manifestations publiques en Allemagne, également observée initialement dans une certaine mesure dans la plupart des villes d'Europe occidentale, a été étonnante : péremptoire, arbitraire et violente. À la fin du mois d'octobre, un groupe important d'artistes, d'écrivains et d'universitaires juifs basés en Allemagne ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils s'opposent à la répression du droit civique de manifester ..:

    - pour diverses raisons de sympathies palestiniennes présumées ;
    - ou le 'risque imminent' 'd'exclamations séditieuses et antisémites';
    - ou la dénonciation de la guerre (même par des Israéliens juifs);
... et condamne l'occupation policière du quartier de Neukölln à Berlin (où vivent d'importantes communautés arabes et turques). La lettre continue à souligner que la répression des manifestations non-violentes n'a guère contribué à écarter la menace qui pèse sur la vie des Juifs en Allemagne, citant les statistiques de la police fédérale selon lesquelles 84 % des crimes antisémites sont commis par l'extrême droite : "S'il s'agit d'une tentative d'expiation de l'histoire allemande, elle a pour effet de risquer de la répéter."

Le 2 novembre, le gouvernement fédéral a interdit Samidoun, un réseau de soutien aux prisonniers palestiniens, et, plus tard dans le mois, il a perquisitionné les locaux de ses partisans ainsi que ceux d'autres sympathisants du Hamas identifiés. Ces perquisitions à Berlin et dans les États de Basse-Saxe, de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et du Schleswig-Holstein ont été précédées, la même semaine, de dizaines d'actions policières similaires à Hambourg et dans toute la Bavière. Nancy Faeser, ministre de l'intérieur, a commenté ces événements : "Nous poursuivons notre action cohérente contre les islamistes radicaux [...]. Les islamistes et les antisémites ne peuvent et ne doivent se sentir en sécurité nulle part ici ... Nous avons la scène islamiste fermement dans notre ligne de mire." Dans un clip vidéo réalisé à la suite d'une recrudescence des incidents antisémites signalés au cours du mois d'octobre, le vice-chancelier allemand, Robert Habeck, a déclaré :

    "L'antisémitisme ne doit être toléré sous aucune forme [...]. Quiconque est allemand devra en répondre devant un tribunal. Si vous n'êtes pas allemand, vous risquez également de perdre votre statut de résident. Quiconque n'a pas de permis de séjour fournit un motif d'expulsion." 

Les condamnations des actions militaires israéliennes sont rituellement accueillies par la réponse officielle du gouvernement - devenue une sorte de mantra protecteur parmi les hommes d'État des principales puissances occidentales - de la première prémisse ci-dessus, à savoir qu''Israël a le droit de se défendre'. Tel est, à l'exclusion de l'impact de décennies d'occupation militaire, le contexte explicatif de l'explosion de violence qui s'ensuit invariablement. A quelles réalités, en vertu du comportement des forces de défense israéliennes sur le terrain, cette affirmation fait-elle allusion ?

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